Ma sortie du Placard


Parmi toutes les drogues que j'aime, le café est sans aucun doute celle que je consomme le plus. Pourtant, il n'y a pas si longtemps (même pas trois ans) je n'en avais presque jamais bu de ma vie. Mon premier vrai café, je l'ai bu à l'âge de 20 ans dans un avion d'Air Transat en direction d'Haïti. Je venais de passer deux nuits blanches et je savais que le café était un stimulant censé m'aider à rester éveillée. Après des turbulences plus que désagréables (j'avais renversé mon jus d'orange un peu partout) j'avais demandé à l'hôtesse une tasse de café. Un café filtre plus qu'ordinaire que je n'avais pas aimé. C'était des années avant mes premiers "vrais" cafés.

Quelques années plus tard j'étudiais à la maîtrise en Anthropologie à l'Université Laval et, comme j'étais plutôt du genre à procrastiner, le besoin d'un stimulant pour passer à travers des nuits de lectures ou de travaux se faisait criant. C'est à ce moment que j'ai commencé à boire du café penserez-vous! Hé non. Pour me garder éveillée, je buvais du chocolat chaud ou parfois des mokachino du (oh que j'ai honte de l'avouer) Tim Horton's qui était situé à 23 secondes de marche de chez moi. Ce n'est qu'en commençant à travailler à la bibliothèque que j'ai réellement commencé à boire du café. Il m'était arrivé de boire quelques cafés au lait ou cappucino, mais si peu. C'est en commençant à aller passer des après-midi ensoleillés sur la terrasse du New Navarino que je suis devenue vraiment accro aux cafés au lait! Un café filtre avec du lait et du sucre, j'suis pas capable. Café filtre noir à la limite c'est correct, mais un bon café au lait, bien corsé et à la mousse (pas d'la putain de broue) onctueuse, y'a pas mieux.

Résultat, je passe beaucoup de temps dans les cafés. Pour travailler (même si j'suis rarement productive) mais surtout pour lire, relaxer et ausculter un peu la vie qui passe. J'ai mes endroits de prédilection. Le New Navarino reste mon préféré parce que leur café est très bon, les baklavas sont extraordinairement délicieux et parce que le Mile-End, j'aime ça. Je vais aussi assez souvent au Montréal Café sur Laurier parce que c'est juste à côté de chez moi. Le café est bien, on y rencontre plein d'artistes et la terrasse est calme et ensoleillée en fin d'après-midi (l'été évidemment). Récemment, une amie m'a fait découvrir un autre café situé pas très loin de chez moi, sur Mont-Royal. Le menu est pas le moins cher en ville, mais la déco est agréable, la clientèle pas mal Plateau, mais pas trop et la bouffe et le café sont tout à fait acceptables. En sortant de ce café, j'ai croisé une connaissance que je n'avais pas vue depuis longtemps. J'étais plutôt pressée puisque je devais aller rejoindre une amie qui s'en allait chez moi alors je n'avais pas tellement le temps de lui parler. Elle avait l'air un peu mal à l'aise et dans ces cas là, je le deviens aussi. Elle m'a fait remarquer que j'avais un peu changé et que j'avais l'air bien. Elle m'a demandé ce qui m'arrivait et c'est là que j'ai décidé de faire mon coming-out. "J'étudie en sexologie" que je lui ai dit. Elle avait l'air intriguée et intéressée, comme si elle se disait "Ha oui? En sexologie? C'est donc bin intéressant! Mais au fait, ça fait quoi exactement une sexologue?" Comme je n'avais pas vraiment le temps, je n'ai pas eu la chance de lui en dire plus, mais j'ai quand même trouvé intéressant de constater que c'est une réaction qui n'est pas rare quand je dis que j'étudie en sexologie. J'ai pourtant un vécu particulier qui est très lié à des études en sexologie. Mais bon... rares sont ceux qui connaissent vraiment ce vécue (même si BEAUCOUP pensent savoir!)

Oh, est-ce que je vous ai dit qu'au moment de cette rencontre je sortais du Placard (sur Mont-Royal)?

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