R.I.P. Serviette
Ma serviette est morte. Quelle tristesse. J’avais une magnifique serviette indigo Ralph Lauren. C’était ma serviette porte-bonheur. C’était juste une serviette, mais elle avait une valeur sentimentale extrêmement importante pour moi. C’était juste une serviette, mais c’était ma serviette à moi. Elle ne valait pas 200$, mais elle valait quand même assez cher pour une serviette et je l’avais achetée dans un contexte très particulier avec une personne très importante à mes yeux. Cette serviette, c’était une armure, une cape, un cocon qui pouvait m’envelopper, me rassurer et me protéger. Mais elle n’est plus. Elle a été sauvagement agressée par le pire des connards que la terre ait portée. Elle a été déchirée dans sa chaire et souillée sur tout son corps.
Cela ne faisait que 3 mois qu’elle était dans ma vie et j’en prenais un soin maladif. Jamais je n’utilisais de détergent trop corrosif et toujours je la lavais à l’eau froide. Quand elle sortait de la sécheuse et qu’elle sentait encore l’assouplissant, je la tenais contre moi et me laissais enrober par sa chaleur et sa bonne odeur. Elle me réconfortait et m’apaisait. N’allez pas vous tromper et croire que c’était comme une « doudou » pour moi. Non. C’était simplement une serviette avec une histoire; une serviette que j’aimais. Malgré notre courte relation de 3 mois, on a passé du bon temps ensemble. J’ai encore la tête pleine de souvenirs de ces bons moments. Elle m’attendait toujours à la sortie de ma douche pour me caresser le corps. Elle a accueilli avec beaucoup de confort mon derrière endoloris sur la plage. Quand je devais la mettre au lavage, ses remplaçantes n’avaient pas du tout la touche magique qu’elle avait. Trop rudes, trop minces, pas assez absorbantes… aucune ne lui arrivait à la cheville. Elle était ma meilleure, ma préférée et ma douce. Mais elle n’est plus. Morte de façon tragique et à un si jeune âge. Quel gâchis. Et dire qu’elle avait toute la vie devant elle. Elle aurait pu se trouver un linge à vaisselle ou un torchons et enfanter une série de petites débarbouillettes ou de serviettes de table toutes plus coquines les une que les autres. Je me surprenais parfois à rêver à une maison pleine de petites débarbouillettes courant dans tous les coins et jouant à cache-cache dans les armoires ou sous le lit. Maman serviette prenant soin de sa progéniture en les repassant et les pliant et papa torchon allant travailler au garage pour rapporter de quoi se payer du Downy. Mais non… on l’a assassinée! Quelle perte.
Le meurtrier est un Thaïlandais d’environs 1.65m, 70kilos, s’exprimant en thaï ou en anglais avec un fort accent. Malheureusement, ce sont toutes les informations dont je dispose. Le perfide scélérat a tout nié (‘perfide scélérat’ c’est pas un pléonasme ça?), allant même jusqu’à essayer de me rendre coupable de son crime. Se sentant acculé au pied du mur, il est devenu agressif et m’a envoyer promener. Selon lui, il m’aurait avertie qu’il ne pouvait garantir la sécurité de ma protégée! Quel menteur. Je déteste quand on me ment au visage de façon aussi maladroite. La police mène enquête, mais je ne pense pas que cela va aboutir à quelque chose. J’ai aussi contacté Interpol et le FBI au cas où le suspect tenterait de quitter le pays, mais je pense qu’il a beaucoup trop peur pour essayer de fuir. Il sait que c’est peut-être la prison à vie qui l’attend. Mais pour bien comprendre la nature du crime, résumons les faits.
Dossier : 234K5643
12-02-2008
Bangkok, Thaïlande
Description : La présente affaire implique le meurtre d’une serviette qui, selon toute apparence, ne présentait aucune menace pour le meurtrier. Il pourrait s’agir d’un cas de meurtre en série, mais pour l’instant, les indices sont plutôt succincts. Il semblerait que la serviette ne fut pas seule victime de ce crime. Les agents affectés à cette enquête ont bien essayé de recueillir les dépositions des témoins du crime, mais ni la laveuse, ni la sécheuse n’ont voulu dire le moindre mot. Ils sont restés muet comme une carpette. Les indices recueillis n’ont pas permis de condamner, hors de tout doute raisonnable, l’accusé. Par contre, il nous faut souligner le fait que l’attitude de l’accusé et les liens directe entre son travail et la mort de la dite serviette nous laisse croire en une responsabilité directe dans cette affaire. Nous croyons également bon de faire une description du possible fil des événements, basé sur les informations recueillis lors de l’enquête. Tout d’abord, la plaignante aurait eu besoin d’un service de nettoyage pour faire laver des vêtements qui se trouvaient dans une situation de non propreté. Cet état de non propreté n’a par contre pas pu être vérifié par nos experts en criminalistique de l’ablution. Ayant trouvé un endroit qui lui semblait offrir un service responsable et de qualité, la plaignante aurait alors confié ses vêtement, tout en se départissant d’une certaine somme d’argent (1.75$). Somme servant à payer les frais d’un service de nettoyage. La plaignante serait donc revenue sur les lieux du crime aux environs de 11h30 le lendemain matin. Une fois de retour à sa chambre d’hôtel, elle aurait subit un grave choc nerveux en constatant que la majorité de ses vêtement étaient tâchés d’une couleur brunâtre. Les petites culottes et les camisoles auraient ainsi toutes étés souillées. Bien que la déception et la peine montaient en elle, la plaignante gardait son sang-froid. Mais en vidant le sac et en inspectant les vêtements ruinés, elle aurait réalisé que sa serviette préférée, sa bien-aimée, était aussi dans ce sac. Elle aurait alors sortie du sac de façon précipité ce qui s’avéra n’être plus que le cadavre de sa serviette. La victime était plus tâchée que n’importe quel autre morceau contenu dans ce sac. Selon la plaignante, elle était complètement défigurée et méconnaissable. Ce n’est d’ailleurs qu’à l’aide des empreintes des fibres et à des tests d’ADN que la victime a bien pu être identifiée. L’autopsie de la victime a révélée qu’elle avait été sauvagement attaquée par l’encre d’un autre vêtement, vraisemblablement de couleur brun, et que les séquelles de cette attaques s’avéraient être irréversibles. Peut-être que l’aide d’un agent blanchissant ou d’un agent psychiatre au walkie-talkie, si offerte dès la découverte de l’attaque, aurait pu épargner la vie de cette jeune victime innocente mais, malheureusement, le meurtrier n’avait pas la moindre intention de laisser la victime survivre. Après avoir versé toutes les larmes de son corps face à sa serviette qui était passée de vie à trépas, la partie requérante serait allée confronter le prévenu sur les lieux du crime. Celui que la plaignante qualifia de vil scélérat se serait fait un devoir de nier toute responsabilité en expliquant qu’il n’accordait aucune importance aux vêtements qu’il nettoyait. Voyant la tristesse et la déception de celle qui fut une de ses clientes, l’accusé lui aurait dit de partir tout en insistant qu’il ne voulait plus jamais la voir dans les environs parce qu’elle ne représentait que des problèmes à ses yeux. Utilisant un ton très méprisant, il aurait même dit que les touristes ne lui apportaient que des problèmes. Citation fort surprenante pour un individu dont le gagne-pain est basé uniquement sur la clientèle touristique. Pour l’instant, ce sont les seules renseignements dont nous disposons pour cette enquête. Des informateurs sont toujours sur le terrain et toute nouvelle donnée vous sera transmise dans les plus brefs délais.
Sur ce, je vous laisse sur l’annonce nécrologique parue dans le Journal de Mouriale. Veuillez noter que les funérailles auront lieu dans le hall de l’hôtel O-Bangkok, situé à Bangkok (Thaïlande), ce jeudi 14 février 2008 à 14h00. Entre temps, la dépouille sera exposée en chapelle ardente dans la chambre A8.
Cela ne faisait que 3 mois qu’elle était dans ma vie et j’en prenais un soin maladif. Jamais je n’utilisais de détergent trop corrosif et toujours je la lavais à l’eau froide. Quand elle sortait de la sécheuse et qu’elle sentait encore l’assouplissant, je la tenais contre moi et me laissais enrober par sa chaleur et sa bonne odeur. Elle me réconfortait et m’apaisait. N’allez pas vous tromper et croire que c’était comme une « doudou » pour moi. Non. C’était simplement une serviette avec une histoire; une serviette que j’aimais. Malgré notre courte relation de 3 mois, on a passé du bon temps ensemble. J’ai encore la tête pleine de souvenirs de ces bons moments. Elle m’attendait toujours à la sortie de ma douche pour me caresser le corps. Elle a accueilli avec beaucoup de confort mon derrière endoloris sur la plage. Quand je devais la mettre au lavage, ses remplaçantes n’avaient pas du tout la touche magique qu’elle avait. Trop rudes, trop minces, pas assez absorbantes… aucune ne lui arrivait à la cheville. Elle était ma meilleure, ma préférée et ma douce. Mais elle n’est plus. Morte de façon tragique et à un si jeune âge. Quel gâchis. Et dire qu’elle avait toute la vie devant elle. Elle aurait pu se trouver un linge à vaisselle ou un torchons et enfanter une série de petites débarbouillettes ou de serviettes de table toutes plus coquines les une que les autres. Je me surprenais parfois à rêver à une maison pleine de petites débarbouillettes courant dans tous les coins et jouant à cache-cache dans les armoires ou sous le lit. Maman serviette prenant soin de sa progéniture en les repassant et les pliant et papa torchon allant travailler au garage pour rapporter de quoi se payer du Downy. Mais non… on l’a assassinée! Quelle perte.
Le meurtrier est un Thaïlandais d’environs 1.65m, 70kilos, s’exprimant en thaï ou en anglais avec un fort accent. Malheureusement, ce sont toutes les informations dont je dispose. Le perfide scélérat a tout nié (‘perfide scélérat’ c’est pas un pléonasme ça?), allant même jusqu’à essayer de me rendre coupable de son crime. Se sentant acculé au pied du mur, il est devenu agressif et m’a envoyer promener. Selon lui, il m’aurait avertie qu’il ne pouvait garantir la sécurité de ma protégée! Quel menteur. Je déteste quand on me ment au visage de façon aussi maladroite. La police mène enquête, mais je ne pense pas que cela va aboutir à quelque chose. J’ai aussi contacté Interpol et le FBI au cas où le suspect tenterait de quitter le pays, mais je pense qu’il a beaucoup trop peur pour essayer de fuir. Il sait que c’est peut-être la prison à vie qui l’attend. Mais pour bien comprendre la nature du crime, résumons les faits.
Dossier : 234K5643
12-02-2008
Bangkok, Thaïlande
Description : La présente affaire implique le meurtre d’une serviette qui, selon toute apparence, ne présentait aucune menace pour le meurtrier. Il pourrait s’agir d’un cas de meurtre en série, mais pour l’instant, les indices sont plutôt succincts. Il semblerait que la serviette ne fut pas seule victime de ce crime. Les agents affectés à cette enquête ont bien essayé de recueillir les dépositions des témoins du crime, mais ni la laveuse, ni la sécheuse n’ont voulu dire le moindre mot. Ils sont restés muet comme une carpette. Les indices recueillis n’ont pas permis de condamner, hors de tout doute raisonnable, l’accusé. Par contre, il nous faut souligner le fait que l’attitude de l’accusé et les liens directe entre son travail et la mort de la dite serviette nous laisse croire en une responsabilité directe dans cette affaire. Nous croyons également bon de faire une description du possible fil des événements, basé sur les informations recueillis lors de l’enquête. Tout d’abord, la plaignante aurait eu besoin d’un service de nettoyage pour faire laver des vêtements qui se trouvaient dans une situation de non propreté. Cet état de non propreté n’a par contre pas pu être vérifié par nos experts en criminalistique de l’ablution. Ayant trouvé un endroit qui lui semblait offrir un service responsable et de qualité, la plaignante aurait alors confié ses vêtement, tout en se départissant d’une certaine somme d’argent (1.75$). Somme servant à payer les frais d’un service de nettoyage. La plaignante serait donc revenue sur les lieux du crime aux environs de 11h30 le lendemain matin. Une fois de retour à sa chambre d’hôtel, elle aurait subit un grave choc nerveux en constatant que la majorité de ses vêtement étaient tâchés d’une couleur brunâtre. Les petites culottes et les camisoles auraient ainsi toutes étés souillées. Bien que la déception et la peine montaient en elle, la plaignante gardait son sang-froid. Mais en vidant le sac et en inspectant les vêtements ruinés, elle aurait réalisé que sa serviette préférée, sa bien-aimée, était aussi dans ce sac. Elle aurait alors sortie du sac de façon précipité ce qui s’avéra n’être plus que le cadavre de sa serviette. La victime était plus tâchée que n’importe quel autre morceau contenu dans ce sac. Selon la plaignante, elle était complètement défigurée et méconnaissable. Ce n’est d’ailleurs qu’à l’aide des empreintes des fibres et à des tests d’ADN que la victime a bien pu être identifiée. L’autopsie de la victime a révélée qu’elle avait été sauvagement attaquée par l’encre d’un autre vêtement, vraisemblablement de couleur brun, et que les séquelles de cette attaques s’avéraient être irréversibles. Peut-être que l’aide d’un agent blanchissant ou d’un agent psychiatre au walkie-talkie, si offerte dès la découverte de l’attaque, aurait pu épargner la vie de cette jeune victime innocente mais, malheureusement, le meurtrier n’avait pas la moindre intention de laisser la victime survivre. Après avoir versé toutes les larmes de son corps face à sa serviette qui était passée de vie à trépas, la partie requérante serait allée confronter le prévenu sur les lieux du crime. Celui que la plaignante qualifia de vil scélérat se serait fait un devoir de nier toute responsabilité en expliquant qu’il n’accordait aucune importance aux vêtements qu’il nettoyait. Voyant la tristesse et la déception de celle qui fut une de ses clientes, l’accusé lui aurait dit de partir tout en insistant qu’il ne voulait plus jamais la voir dans les environs parce qu’elle ne représentait que des problèmes à ses yeux. Utilisant un ton très méprisant, il aurait même dit que les touristes ne lui apportaient que des problèmes. Citation fort surprenante pour un individu dont le gagne-pain est basé uniquement sur la clientèle touristique. Pour l’instant, ce sont les seules renseignements dont nous disposons pour cette enquête. Des informateurs sont toujours sur le terrain et toute nouvelle donnée vous sera transmise dans les plus brefs délais.
Sur ce, je vous laisse sur l’annonce nécrologique parue dans le Journal de Mouriale. Veuillez noter que les funérailles auront lieu dans le hall de l’hôtel O-Bangkok, situé à Bangkok (Thaïlande), ce jeudi 14 février 2008 à 14h00. Entre temps, la dépouille sera exposée en chapelle ardente dans la chambre A8.

Commentaires
Tu m'épatates! Quelle imagination!
Puré! J'suis pliée en quatre! Ah oui et euh...triste aussi, pour toi. Je te prie d'accepter toutes mes condoléances. Et bien que nous ne puissions être présent aux funérailles. Saches que nous avons sommé l'enquêteur Luc. Afin qu'il vérifie la véracité des allégations du prétendu meurtrieur!
Vérification d'usage, il a pris connaissance du dossier et a première vue, selon son estimation des dégats et compte tenu de la nature et de l'état de la victime. Il semble ne faire aucun doute. l'alibi ne tient qu'a un fil. L'hypothèse du tissus de menssonge, est indubitable.
Nous avons aussi découvert que le vil assassin n'est nul autre que l'assoscié de la vendeuse de bouffe a pigeon ( ! )
( Trouduk & Ass , arnaques en tout genre, déceptions guaranties )
Mais d'ici là nous allumerons des lampions ce jeudi 14 février et nous ferons une prière de réincarnation au Sain dévoué, du jour.
( vraiment trop fort le signet funéraire )
Je t'écrivais un long commentaire et mon chat est passé sur mon clavier (comme d'habitude) et il a tout effacé. Snifffffff
En gros je disais que j'avais bcp ri de ton texte, mais que j'étais triste pour la serviette qui soit dit en passant pourrait renaitre de ses cendres et continuer de te servir malgré ce nouvel handicap et traumatisme. Serais-tu racistes au point de refuser que ta serviette soit marbré brun et blanc? ;-) Il faut passer par dessus son apparence et la conserver. Je veux la sauver et le veut aussi la SPSVMT ou La Société protectrice des serviettes victimes de mauvais traitement.
La serviette est morte vive la serviette.
;-)
Caroline Régis
hahaha!
xx