Fomentations idéationnelles
Cela fait maintenant deux jours que je suis revenue au Québec. Quel choc! Après un peu plus de 6 semaines à des températures de plus de 30 degrés Celsius, j’avais oublié qu’ici c’est l’hiver. N’allez pas penser que je n’aime pas l’hiver, c’est tout le contraire. J’étais seulement mal préparée à la transition. Quand je suis arrivée à l’aéroport PET, la première chose qui m’a frappée en sortant à l’extérieur, c’est l’odeur. L’hiver ça sent quelque chose. L’odeur du froid, de la neige ou je n’sais quoi. Mais tout comme le printemps sent la terre humide au soleil, l’hiver sent le froid. C’est aussi en sortant de l’aéroport que j’ai réalisé qu’un simple chandail ce n’est pas suffisant pour affronter l’hiver. Je n’étais quand même pas pour trainer un manteau dans mes bagages juste pour mon retour. J’ai donc relativement gelé en attendant la navette. Mes derniers voyages étaient d’environs 3 mois à l’étranger et quand je revenais, j’avais l’impression d’avoir quitté depuis des années, mais qu’en même temps rien n’avait changé. Cette fois, après seulement quelques semaines d’absence, j’avais plutôt l’impression de ne jamais avoir quitté. Comme si je sortais d’une salle de cinéma après un long film plein de rebondissements. Pourtant, j’ai tellement vécu de choses en 6 semaines. Tellement de choses ont changé dans ma vie. Mais je reste avec l’impression que rien n’a changé et que je suis celle que j’ai toujours été. Même quand je repense aux souffrances de la première chirurgie, je ne ressens rien de particulier. J’ai un détachement qui me fait presque peur. Est-ce que c’est du refoulement ou simplement que je suis bien armée pour faire face à des situations pareilles? En repensant à tout ça, à toutes mes expériences difficiles, c’est un peu comme si j’avais été spectatrice du film de ma vie. Ce n’était pas un trop mauvais film. Un peu mélodramatique sur les bords, mais avec quelques punchs pas complètement inintéressants. D’ailleurs, si je peux terminer mon scénario d’Origami Girl, je pense peut-être ajouter quelques scènes tirées de mes expériences en Thaïlande. « Today caca » et « Do you feel anus » me sembleraient être de bonnes scènes pour alléger une histoire un peu triste. Mais en même temps, il y a le risque que mon scénario commence un peu trop à ressembler à ma vie. Il faut bien que je me garde quelques punchs pour l’autobiographie que je vais écrire pour mes 70 ans. Haaaaa… plus j’écris, et plus je me sens mal à l’aise d’écrire sur moi.
Maintenant que je suis de retour et que mes « aventures » sont en grande partie terminées, je vais pouvoir m’appliquer à écrire sur des sujets tellement plus intéressants que ma petite vie. J’aimerais bien écrire quelque chose sur Chomsky, Appadurai, De Beauvoir, la propagande, la sécurité ou terminer mes articles sur les sexes. Y’a tellement de choses à dire et à apprendre, à discuter et à argumenter. D’ailleurs, c’est ce qui me manque le plus en ce moment… argumenter. J’aime les échanges d’idées et les confrontations intellectuelles. Je ne suis pas particulièrement intelligente et la somme de mon ignorance dépasse incommensurablement celle de mes connaissances, mais j’aime tellement échanger mes idées, théories ou analyses avec des gens qui en ont des différentes. C’est tellement stimulant d’être confronté à son ignorance, à ses erreurs ou ses préjugés. Malheureusement, je connais très peu de gens avec qui je peux avoir ces échanges autour d’un bon repas arrosé de quelques coupes de vin. Ce sont des perles rares. Trop peu de gens ont lu Edward Bernays, connaissent Banksy, ont des réflexions sur les différences entre les sexes ou se questionnent sur le sens moral du respect des règles sociales. Pas besoin de connaître un sujet pour avoir une opinion et argumenter. Il faut juste être capable de se poser des questions et d’essayer de trouver des réponses. Et quoi de plus ennuyant que d’argumenter avec soi! Chaque fois que j’essaye, je finis par me chicaner avec moi-même et je ne me parle plus pendant des semaines. Une fois, j’ai même arrêté de me téléphoner pendant quelques mois et après je ne me retournais jamais mes messages. Mais bon… j’apprends de plus en plus à vivre avec mes frustrations.
Maintenant que je suis de retour et que mes « aventures » sont en grande partie terminées, je vais pouvoir m’appliquer à écrire sur des sujets tellement plus intéressants que ma petite vie. J’aimerais bien écrire quelque chose sur Chomsky, Appadurai, De Beauvoir, la propagande, la sécurité ou terminer mes articles sur les sexes. Y’a tellement de choses à dire et à apprendre, à discuter et à argumenter. D’ailleurs, c’est ce qui me manque le plus en ce moment… argumenter. J’aime les échanges d’idées et les confrontations intellectuelles. Je ne suis pas particulièrement intelligente et la somme de mon ignorance dépasse incommensurablement celle de mes connaissances, mais j’aime tellement échanger mes idées, théories ou analyses avec des gens qui en ont des différentes. C’est tellement stimulant d’être confronté à son ignorance, à ses erreurs ou ses préjugés. Malheureusement, je connais très peu de gens avec qui je peux avoir ces échanges autour d’un bon repas arrosé de quelques coupes de vin. Ce sont des perles rares. Trop peu de gens ont lu Edward Bernays, connaissent Banksy, ont des réflexions sur les différences entre les sexes ou se questionnent sur le sens moral du respect des règles sociales. Pas besoin de connaître un sujet pour avoir une opinion et argumenter. Il faut juste être capable de se poser des questions et d’essayer de trouver des réponses. Et quoi de plus ennuyant que d’argumenter avec soi! Chaque fois que j’essaye, je finis par me chicaner avec moi-même et je ne me parle plus pendant des semaines. Une fois, j’ai même arrêté de me téléphoner pendant quelques mois et après je ne me retournais jamais mes messages. Mais bon… j’apprends de plus en plus à vivre avec mes frustrations.

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